L'ensemble du protocole a été suivi par un conseil scientifique composé du LERIS, de l'INJEP, de l'EHESP, de jeunes administrateurs nationaux et de relais départementaux. Les résultats présentés ci dessous, sont issus d'une première phase d'analyse et sont regroupés par thématique.

L'émancipation

Le passage en Junior association constitue d'abord une étape dans le processus d'émancipation pour les jeunes. Au sein de cet espace, par sa dimension initiatique, ils peuvent prendre confiance en eux, être eux-mêmes ou se dépasser, en définitive, de se libérer des rôles qui leur sont assignés.

Le rapport au monde scolaire

Alors même que les jeunes témoignent de l'acquisition des compétences qu'ils acquièrent en Junior Association, le lien avec le monde scolaire ne se fait pas. En effet, il y a une compartimentation des espaces et des vécus. Les jeunes ne font le lien avec cette expérience que dans la suite de leur parcours. Pour certains le passage en Junior Association est pourtant décisif dans leur orientation.

Les accompagnateurs et les parents

Une Junior Association peut faire le choix d'avoir un accompagnateur local, adulte de confiance, bienveillant et engagé aux côtés de ses membres. Les accompagnateurs locaux peuvent être des animateurs jeunesse de collectivité locale ou d'association, des élus, des bénévoles d'associations, des parents, des membres de la communauté scolaire ou encore d'ancien de JA.

Même si l'étude ne portait pas sur les accompagnateurs, leur posture influence le type de compétence acquises par les jeunes.

Globalement dans la relation aux parents, les jeunes sont plutôt soutenus et, lorsqu'un parent est accompagnateur, c'est souvent qu'il a déjà des engagements (parents d'élève, participation au club sportif…), bien que les jeunes ne l'identifient pas comme tel.

La vie associative entre expérimentation et reproduction

La Junior Association est une association de fait, forme souple et simplifiée de l'association classique déclarée en préfecture. Elle est constituée uniquement de mineurs, libres de s'organiser et de mener les actions comme il le souhaitent. Le RNJA n'impose aucune organisation spécifique, si ce n'est l'identification de représentants. C'est un cadre d'expérimentation collective et pourtant de nombreuses JA reproduisent les tendances du monde associatif adulte.

Dans leur gouvernance, elles vont désigner un président, une secrétaire, un trésorier. Dans cette organisation, elle tendront également à reproduire les rapports genre (pour plus de détails voir l'étude mixité dans les JA). L'influence extérieure est donc manifeste. Quelle connaissance du monde associatif et de ses alternatives ont les accompagnateurs ? Quelle place joue la recherche de légitimité de ces jeunes dans la reproduction du modèle ? Ou encore, comment les partenaires extérieurs (banque, collectivité, subvention…) leur imposent des interlocuteurs prescrits dans leur rapport au monde associatif classique ?

Les deux dernières tendances identifiées apparaissent dans le rapport à la pérennité et la transmission de la structure, même lorsque le projet est fini ou ne mobilise plus, ainsi que dans la proposition de programme d'activité construit pour les jeunes mais peu avec eux, notamment pour les juniors association de territoire et d'animation locale.

Retrouvez l'entretien complet :

Cette étude a reçu le soutien du Ministère de l'Education Nationale, Direction de la Jeunesse et de la Vie Associative, du CGET et de la MSA.

Le recueil de données a été réalisé par Mélanie Suhas, l'analyse et la rédaction par Virginie Poujol du LERIS, en collaboration avec l'INJEP et l'EHESP.